L'architecture de l'éphémère

La Grande Arche de la Défense conçue par Johan Otto von Spreckelsen, Paul Andreu et  Peter Rice a été inaugurée en 1989. Après seulement 25 ans, l'édifice est  bien mal en point. En effet, les dalles en marbre de Carrare qui couvrent une partie du monument sont usées et risquent de s'effriter, le toit est désormais fermé au public et les défauts de structure sont édifiants.


La comparaison va sembler burlesque, mais les travaux du  château de Chenonceaux se sont terminés en 1430. Certes, depuis, il y a des travaux d'entretien d'usage, mais il est encore fièrement debout. 

Les monuments dits historiques nous laissent encore des traces de longévité des constructions phénoménales. Est-il utile de rappeler que l'abbaye du Mont St Michel a été érigée dans les années 700. Après de nombreux déboires (guerres, incendies), l'archange est placé en 1898.

Que dire du pont du Gard, construit entre 40 et 50 après J.-C... De tels exemples existent aux quatre coins de l'hexagone et ne manquent pas de nous rappeler que les bâtisseurs de ces époques possédaient des savoirs, qui ne sont pas appliqués aujourd'hui. Je n'évoque pas ici l'esthétisme, ce serait un autre sujet de débat.

Pourtant de nos jours, nous avons la technologie (ordinateurs et logiciels puissants), les machines (grues, élévateurs, centrales à béton), et aux dires de quelques prétentieux, une intelligence bien plus développée qu'aux siècles précédents. Petits hommes idiots.

Il faudra pourtant un jour se poser la question : qu'allons nous laisser aux générations futures  ? Quels seront les marqueurs architecturaux de notre société qui seront encore debout dans les années et siècles à venir ? A mon avis, aucun. Certains imbéciles vont me rétorquer que "peu importe",  Notre-Dame de Paris,  Le Louvre et le Fort de Brégançon seront toujours fiers et droits...

Si cette question ne se posait qu'à l'architecture, mais elle est de mise pour les arts dans leur grande diversité.